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Olivier Raspado: la Chirurgie change d'échelle en toute humilité

Originaire de Lorraine formant des esprits authentiques et loyaux. Cette région forge aussi des personnalités ouvertes et bienveillantes.

Un parcours universitaire rectiligne, faculté à Nancy et internat dans une région réputée aussi par sa chaleur humaine : Clermont-Ferrand et le Puy de Dôme.


Tenté par un cursus mixte ingénierie/médecine, qu’il n’a pu et voulu faire car à connotation trop académique. Il lui fallait effectuer des travaux fondamentaux longs et fastidieux qu’il n’envisageait pas dans un cadre car trop rigide.


Un déclic lors d’un DU de médecine régénérative, convaincu de l’importance des cellules souches dans l’avenir de la Médecine. Pour la petite histoire rappelons que le prix Nobel a été attribué à un chirurgien (orthopédiste) japonais d’Osaka (S.Yamanaka) à l’origine de la découverte des cellules IPS en 2012 (https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Shinya_Yamanaka).

Olivier Raspado est réputé pour son attitude déontologique, l’expertise de son art chirurgical, sa proximité avec les patients et son intégration réussie dans une structure de soins ambulatoires ou de courte durée avec récupération rapide.

Il s’est de surcroit engagé dans une voie associative qui est celle du syndicalisme médico-chirurgical dont il fait un bilan mitigé. Que de déconvenues auprès de nos autorités représentatives où un certain immobilisme et les conflits d’intérêts personnels l’ont découragé de toutes initiatives.


Dans l’état actuel des choses, il sent son activité chirurgicale en danger, dans un contexte d’omniprésence des tutelles qu’elles soient publiques, c’est-à-dire d’État, ou privées.

Comme beaucoup de praticiens libéraux il perçoit une perte de liberté d’action, pour des soucis de rentabilité financière dans le cadre de réseaux de soins déshumanisés. Ce sentiment de déshumanisation a pour effet de le rapprocher de ses patients.


Il perçoit intuitivement le besoin de se rapprocher du biologique, c’est-à-dire de se servir des fonctionnements intime du corps humain, particulièrement au niveau cellulaire.

On sent chez lui une empathie biologique avec l’organisme pluricellulaire qu’il traite : le patient !


On ressent chez Olivier Raspado une conscience aigüe de produire des actes vitaux de qualité insuffisante. Cette intuition le pousse à trouver des solutions plus efficaces encore pour accélérer le processus de cicatrisation, au mieux de régénération tissulaire.

Se rapprocher de la médecine ou de la chirurgie cellulaire : utiliser la biologie cellulaire pour être plus précis encore et plus efficace. C’est ce qui se passe avec la révolution en cours des anticorps recombinants couplés à des drogues cytolytiques (ADC thérapie : Antibody Drug Combinated).


Ce n’est que la répétition de ce qui se passe tous les jours dans notre corps éliminant les cellules anormales cancéreuses ou précancéreuses, marquées aux anticorps par des cellules immunitaires spécialisées et soumises au feu des lymphocytes tueurs NK (Natural Killer). Cette approche révolutionne actuellement le traitement du cancer en phase avancée.

Pour la petite histoire, c’est suite au traitement d’une patiente pour une maladie de Verneuil qu’il prend conscience de l’efficacité surprenante d’une forme d’hydroxyapatite dans la régénération tissulaire. Il avait la connaissance de cette solution thérapeutique depuis son D.U. de médecine régénérative, et entendu parler de son inventeur russe.


La manifestation d’une forme de serendipité (serendipity) où la patiente a d’elle-même appliqué sur ses plaies ce principe actif non reconnu en France avec une cicatrisation surprenante.



Qu’est-ce que l’hydroxyapatite au fait ? C’est une substance minérale que l’on trouve en abondance dans l’os à la surface de la trame collagène, lui conférant résistance et capacité de réorganisation osseuse.


Le principe en est assez simple : les contraintes mécaniques sur les fibres collagènes de l’os recouvertes de couches d’hydroxyapatite en déforment les cristaux à l’origine de déplacement de charges (effet piézo-electrique) attirant les cellules osseuses productrices et organisatrices de fibres collagène de la trame osseuse (fibroblastes et ostéoblastes notamment).


Ce qui explique que l’on trouve de l’os là où il y a des contraintes, et non là où il n’y en a plus (ostéoporose de décharge ou décubitus des blessés alités et immobilisés et des astronautes longtemps privés de gravité).


Olivier a donc réussi à prendre contact avec le scientifique russe à l’origine de cette innovation à un congrès sur les biomatériaux organisé tous les ans à Nancy, puis l’a convaincu (communication, empathie, persuasion, culture scientifique) de travailler avec une équipe de médecins investisseurs de sa structure de soins et de rentrer dans le tour de table d’une société visant à développer cette nouvelle forme d’hydroxyapatite, sous d’autres conditionnements, ainsi que des méthodes innovantes de production de cette substance.

Il a réussi à mettre en route une collaboration avec l’école des Mines de Saint-Etienne pour mettre à l’épreuve cette substance et en améliorer la production et le conditionnement (Thèse en cours).


Un tour de force ? Il agit avec Détermination, Curiosité et Humilité et fait preuve d’un esprit visionnaire.


Le sentiment que la chirurgie a encore sa place, oui, mais dans une pratique différente, plus biologique que mécanique.


La détermination, c’est celle du chirurgien dans son acte de soin, seul face à son patient envers lequel il s’est engagé, avec comme témoins outre ce même patient, des équipes soignantes aguerries que l’on ne berne pas.


La curiosité exercée par des dizaines d’années d’apprentissage, un exercice quotidien de la mémoire, des capacités de synthèse nécessairement rapides et une large ouverture sur le monde.


L’humilité dans tout cela ? Se voir tel que l’on est dans un groupe sociologique, se voir investi d’une responsabilité majeure, de la confiance de ses congénères vous confiant leur vie et leur corps à réparer, par la force d’une solide réputation et une approche empathique. Mais en voir les insuffisances lorsqu’on passe à l’échelon cellulaire.


Et cette vision empreinte d’humilité est éloquente!


Ici Olivier Raspado se voit comme il pourrait être vu à un échelon cellulaire par ses propres cibles microscopiques, déversant un tapis de bombe incendiaires sur la Dresde en Feu de la 2de guerre mondiale (ou un bombing carpet Vietnamien, comparaison plus actuelle).


Ce nécessaire changement d’échelle s’applique aussi à la chirurgie prothétique articulaire. Si l’on regarde nos implants comme des structures de soutien et de mobilité permettant de restaurer la fonction locomotrice, on en perd de vue l’action anti-inflammatoire à l’échelon cellulaire. Ce qui explique la relative innocuité du non-resurfaçage rotulien dans les prothèses de genou, car la douleur intense des atteintes arthrosiques est causée par la stimulation de récepteurs à la douleur particuliers, dits « à seuil ». Ils n’envoient pas de stimulation douloureuse au cerveau tant que ce seuil n’est pas atteint. Au-delà de ce seuil, il y a émission de grandes quantités d’informations qui est interprétée comme fortement douloureuse par le système nerveux central.


Et ce seuil est abaissé par les médiateurs de l’inflammation.  Les implants articulaires sont donc des dispositifs anti-inflammatoires à l’échelon cellulaire.


On constate un résultat macroscopique de nos « actions chirurgicales » certes, mais quel est le prix à payer à l’échelon microscopique?


Poussons à cette fin la comparaison historico-guerrière.

N'aurait-il pas mieux valu combattre sur le terrain cellulaire, chaque soldat allemand et peut être discuter avec lui afin de trouver le code. Un code de conduite intelligible pour qu’il rende enfin les armes devenant l’ami convaincant les derniers récalcitrants de cesser toute agressivité inutile.


Cette vision cellulaire, ce changement d’échelle, sont les fondements de la société REGESKA qui prétend allier chirurgie et biologie, ce qu’a toujours voulu faire O.Raspado dans son attitude empreinte de transversalité, source d’une créativité sans cesse renouvelée.


Il incarne son projet et emmène ses collaborateurs dans cette aventure si singulière pour un praticien libéral, loin des contingences technocratiques de la chirurgie actuelle.

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