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Béatrice MOSSON Soignantrepreneuse

Introduction :

Ma tutrice de mémoire de MBA Executive, Michele Amélie Favre (Founder de LOXO.fr), se trouve chez le coiffeur. Celle-ci travaille avec des femmes en chimiothérapie utilisant temporairement des coiffes pour mieux accepter les changements d’image corporelle (modification des phanères et notamment perte des cheveux, des cils et des sourcils, éléments fondamentaux à l’expression non verbale de chacun). Michele-Amélie Favre travaille avec et pour le Handicap, et côtoie des personnalités liées à l’accompagnement des personnes en situation de perte définitive ou temporaire d’autonomie.

Ceci expliquant cela : qui se ressemble s’assemble. Il n’y a pas de hasard. Vous allez comprendre dans ce qui va suivre.

Elle engage la conversation avec une relation amie de cette coiffeuse bien que cette rencontre n’aurait jamais dû avoir lieu. Cette femme, Beatrice MOSSON est soignante originaire de Chambéry et vient rarement sur Lyon. Elle lui exprime l’ambition de créer une activité au sein de sa structure de soin et peut-être une entreprise autour de l’écoute des soignants « abîmés » par leur métier.

Ces soignants dont l’engagement auprès des patients est maximal, et qui ne se retrouvent plus dans l’organisation des soins telle qu’elle est mise en œuvre aujourd’hui. Ces soignants, conscients de produire soins et qualité d’écoute, ont perdu le fil de la reconnaissance des patients dans les réseaux de soins.

Ils ne savent ou ne peuvent plus estimer combien ils sont essentiels aux autres.

C’est le début du burnout qui peut mener très loin et pour très longtemps.

Michèle Amélie Favre lui parle de mon projet, Soignantrepreneurs.com. Béatrice Mosson est interpellée par le sens de cette entreprise et lui donne aussitôt ses coordonnées.

Quelques messages et nous programmons une entrevue afin que nous puissions nous parler et faire avancer son projet.

Nous voici connectés sur ZOOM.

Un entretien plein d’énergie communicative s’en suit, et nous apprend qu’elle recueille naturellement les témoignages de son équipe soignante dont les prescripteurs médicaux. Elle centralise ces informations depuis longtemps et fait preuve d’une action de leadership indéniable au sens donné par Robert DILTS.

Cette définition du leader est celle d’un individu visionnaire à l’écoute des évolutions du monde et des individus et qui propose à un groupe auquel il s'identifie de donner le meilleur de lui-même pour les emmener vers un projet commun, en dehors du cadre récompense/reproche. C’est une relation symétrique.

Béatrice MOSSON, psychologue-psychiatre spécialisée dans le burnout et dans les risques psychosociaux ? Un médecin dont l’aura motive tout un chacun pour qu’il vienne s’épancher auprès de lui ?

En aucune manière !

Béatrice MOSSON est aide-soignante au Médipôle de Savoie. Elle est dépitée de ne pouvoir reprendre son travail, handicapée par une pathologie de l’épaule trainante ne trouvant actuellement de solution sur le plan médical ou chirurgical. Cette atteinte ostéo-articulaire ne lui permet pas de reprendre actuellement cette activité éprouvante.

On retrouve chez elle une trajectoire particulière qui force l’admiration : elle quitte très jeune le domicile familial, qu’elle qualifie d’ennuyeux, trop conventionnel à son goût et qui n’arrive pas à la retenir.

Elle part se faire seule et refuse de passer son baccalauréat sur une voie où elle ne se reconnaît pas.

Elle évoque sa volonté de toujours d’occuper la fonction d’assistante sociale, en définitive.

Ainsi elle se forme sur le tas à la vente de meubles, gagne rapidement sa vie et acquiert son indépendance. Puis elle se sépare de son compagnon (rencontré dans sa sphère professionnelle et collaborateur), père de ses deux premiers enfants et devient à la seule force du poignet aide-soignante, tout en continuant à élever ses enfants sans aide aucune.

Le résultat force le respect.

Ses deux premières filles occupent pour l’une une position de responsable à l’agence régionale de santé Bourgogne et la deuxième est infirmière libérale. Le troisième devient audioprothésiste tout en gérant une maladie chronique dont elle a optimisé et simplifié le traitement afin de lui conserver toute l’autonomie nécessaire. Ce garçon prépare son école en gagnant sa vie comme paysagiste en attendant d’intégrer son école de Lyon.

Respects encore, empathie et compréhension envers cette personnalité attachante.

Puis, naturellement, au cours de sa vie professionnelle et de ses fonctions d’aide-soignante, elle centralise toutes les plaintes, écoute les inquiétudes et les peines professionnelles et pose la question du bien-être au travail, de la qualité de vie au travail en fait.

Elle identifie le besoin d’accomplissement personnel de chaque soignant, cette volonté de renouer avec la réalité et la qualité du soin. Elle exprime la volonté de mettre en scène le soin auprès des soignants de telle manière à montrer l’importance de chaque geste, chaque mot de chaque attitude, dans une action d’expression personnelle comme le média théâtral.

Après un jeu approfondi de questions-réponses, il apparaît que son souhait le plus cher est de faire jouer le rôle du patient impotent et débilité à chaque membre de l’équipe soignante.

L’idée a déjà été utilisée aux USA où certaines écoles de médecine incitent les étudiants à endosser le rôle du patient, empêché car chargé d’un sac à dos de 15 kg, empêtré dans un manteau bien trop chaud, et les sens perturbés par des lunettes déformant la vue ainsi que des bouchons d’oreille.

Là, son idée est d’aller beaucoup plus loin, de jouer et de rejouer le match encore et encore, puis de débriefer. Elle seule est capable de mettre tout le monde autour d’une table et de lancer le projet, connaissant et fédérant tous les intervenants des services, médecins y compris.

Un exemple éloquent : la fameuse scène de l’ouverture-fermeture de la porte d’une chambre d’hôpital… Un petit rien qui veut dire beaucoup pour les patients diminués et souvent alités. Béatrice MOSSON remarque à quel point le moindre détail peut changer du tout au tout une relation soignant/soigné. Ces marques d’implication de chacun peuvent changer la donne dans une structure de soin et amener la reconnaissance de chacun au sein de l’équipe, assurant une cohésion qui n’existe que rarement. Cela stabilisera les équipes et c’est une des solutions aux turn-overs trop élevés dans les unités de soins (coût majeur de la masse salariale pour les structures de soin).

Je lui suggère d’employer la vidéo, au cours d’un agréable échange de questions-réponses (ici un entretien vidéo avec Béatrice pour le coup) : chaque soignant pourra se voir interagir, avec un patient fictif, joué par un autre soignant ou un patient volontaire anonymisé. Il (elle) pourra comprendre l’impact qu’il peut avoir sur chacun dans ses moindres faits, gestes et paroles.

· Elle identifie un problème Critique (la maladresse des soignants ressentie par les soignés) et dont on parle finalement peu au sein des structures de soins (même s’il fait beaucoup parler de lui). En définitive, on donnerait beaucoup pour trouver une solution à ce problème.

· Ce problème est Latent mais parfois Consciemment exprimé.

· Il est en tous les cas Négligé (le facteur clé !) la plupart du temps.

· Il est de plus en plus Urgent de l’aborder sous peine de perdre contact et estime réciproque avec nos patients. Donner vite un peu pour résoudre ce problème apparaît évident.

· Il n’est pas encore opposable mais on peut imaginer qu’envisager ce problème soit Obligatoire pour chaque structure de soin pour conserver dignité au patient et estime de soi de l’équipe soignante.

· Ce besoin est probablement mal satisfait, il semblerait que cela ne soit pas parfait…en tous les cas, on en entend peu parler.

Nous venons en fait d’aborder les caractéristiques fondamentales du calcul de l’intensité du besoin enseignées à l’incubateur EM-Lyon ainsi que dans le module Entrepreneurship Dynamics supervisé et enseigné par Alexander BELL PH.D. Gabriel BLANC-LAINÉ, ex-cadre dirigeant dans une dizaine de sociétés high-tech en France et aux USA, fondateur de 7ransforma7ions (société de conseil) et enseignant en Ventes, Marketing et Entrepreneuriat aborde lui aussi ces éléments fondamentaux à la création d’une entreprise dans son module Marketing Stratégique dispensé à l’EM Lyon (Executive MBA). Ce module d’enseignement est la base, le couteau suisse de tout créateur d’entreprise. Gabriel Blanc-Lainé l’a rendu disponible via la “7ransforma7ions Academy”, qui dispense une formation nommée “Les Fondations” mêlant cours en ligne à la demande, Communauté et séance de Coaching Live. Elle très accessible et elle explique aux porteurs de projets et aux entrepreneurs “Quoi Faire” et surtout “Comment Faire”

(http://bit.ly/2VMppjh).

Puis Béatrice a commencé à exprimer sa solution.

Je l’ai challengée et nous avons progressivement ajusté dans un travail d’intelligence collective. Celle-ci sera limitée à son seul service puis au-delà dans toute sa structure de soins car elle est facile d’utilisation et peu onéreuse. Elle est aisément réplicable dans d’autres structures de soins proches et distantes.

Et là ! Je m’en vais vous dérouler le cours…

Analysons son approche, sa solution au problème identifié qui est la perte d’estime de son action professionnelle.

· Il est évident d’abord que cette approche “Fait le job”

· Elle est simple d’utilisation et intuitive ;

· Elle est accessible pour un prix initial faible, voire nul, par rapport à ce que propose des entreprises de conseil ;

· Elle ne nécessite pas non plus un engagement initial important et dans la durée et de fait elle est réversible;

· Elle s’intègre aussi parfaitement à l’existant, aux infrastructures, aux habitudes/usages, elle ne remet pas en cause la distribution du pouvoir actuel, ni le rôle des différents acteurs ;

· La valeur de la solution est rapidement perçue;

· Elle offre un ROI rapide et significatif (ROI : retour sur investissement);

· Elle peut être découverte progressivement, les progrès dans l’usage permettant d’accéder progressivement à toute la puissance de cet outil de team building et de prévention du burn/out;

· Elle vient pour finir d’une source qui est parfaitement crédible sur le sujet.

Nous avons constitué la démarche très schématique de l’entrepreneur constatant un besoin mal satisfait et proposé une solution d’une certaine originalité que l’on peut étendre après mise au point à l’ensemble des structures de soins.

De manière essentielle : il y a l’écoute du terrain, ce que font au mieux les soignants, de manière conversationnelle mais aussi non verbale, ce qui fait partie de leur qualité.

Il y a, par la suite, la définition (après l’idéation) d’une solution qui reste ici relativement conceptuelle mais qui peut très rapidement se configurer de manière pratique, opérationnelle : qui pour pratiquer simplement le théâtre, ? À quel endroit ? Au cours des heures de travail ? Par petits groupes sur des temps de repos ? Dans un local mis à disposition par la structure de soins ou à l’extérieur dans une structure neutre ? Des questions qui se posent très vite, sur un terrain pratique, avec des solutions qu’il va falloir dimensionner en fonction de la réponse à l’intérêt du projet.

Elle mettra en œuvre ce projet et apportera les ajustements nécessaires : une démarche simplissime dans la logique du design thinking.

Une entreprise comme une autre, à dimension sociale, et qui se voudra bien entendu solidaire.

Le problème de la concurrence demeure. C’est celui de la barrière à l’entrée sur le marché. Une action rapide de marketing digital lui permettra de garder de l’avance et de mettre sa marque sur ce projet. Les réseaux dégagés par la gestion de cette marque vaudront bien plus que sa seule action initiale. Les informations vont si vite sur les réseaux sociaux professionnels.

Sa seule problématique actuelle : celle de ne pas occuper encore un espace sur LinkedIn.

Que le projet de Béatrice puisse voir le jour et nous serons les plus heureux !

Cela continuera à lui apporter de la confiance et surtout une sensation de dignité essentielle dans l’exercice de son activité professionnelle.

PS : un exemple parlant à son endroit : la revente d’un appartement chèrement gagné à la sueur de son front, qu’elle a converti en partie dans l’achat d’un camping-car avec lequel elle traverse l’Europe en toute indépendance faisant fi du qu’en-dira-t-on.

Et une ambition d’aller écouler les collections de vêtements italiens qu’elle va acheter avec un goût certain pour trouver des amateurs éclairés.

Indépendance, Créativité, Entrepreneuriat (et Inclusion) = Dignité !

Publication effectuée avec l'accord de Mme Beatrice Mosson.

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